137 J Cattin Eugène; Photographies, 1892-1932 (Fonds)

Archive plan context

 

Informations conc. l'identification

Cote:137 J
Cote plan d'archivage:137 J
Titre:Cattin Eugène; Photographies
Période de création:1892 - 1932
Contient aussi:Les images numérisées des tirages du Fonds Eugène Cattin.
Toutes les images sont disponibles sur Wikimedia Commons:

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Images_by_Eug%C3%A8ne_Cattin

Les images sont sous licence Creative Commons CC-BY-SA.
Niveau:Fonds
 

Indications sur l'étendue

Description support:Concrètement, les clichés sont tous en verre, d’épaisseurs variables, ils sont de trois formats différents : 9x12 ;13x18 ; 18x24 cm.
Mètres courants:1.00
 

Zone du contexte

Histoire administrative:Eugène Cattin est originaire des Bois, où il est né le 21 janvier 1866, fils de Jean Pierre (Augustin) Cattin et de Rosine Eugénie née Gogniat. Le 16 septembre 1890, il épouse Marie Joséphine Juillerat, de Coeuve, institutrice, née le 19 août 1864, fille de Jean-Pierre Juillerat et de Thérèse Doyon, qui lui donnera trois enfants : Bernard en 1891, Marie Thérèse Eugénie en 1893 et Eugène Joseph Henri, lequel succombe à six semaines en 1894. L’année suivante, l’épouse d’Eugène Cattin décède, âgée de 31 ans seulement. Après 15 ans de veuvage, Eugène Cattin convole en secondes noces avec Marie Stéphanie Willemin (1877-1954) ; une fille naîtra de cette union en 1912, mais meurt aussitôt. Eugène Cattin est mort aux Bois, le 8 mai 1947 ; il a été enterré le 11, un dimanche après-midi.
Eugène Cattin passe sa vie aux Bois, comme facteur, succédant à sa mère ; la commune est très étendue et il la parcourt quotidiennement pour faire sa tournée, avec l’aide d’un collègue. La légende a peut-être embelli le récit de ses passages dans les hameaux et fermes isolées, annonçant son arrivée par un appel de clairon ou un coup de sifflet strident… Les photographies le représentent dans son uniforme de facteur, soit à cheval, soit sur différents attelages à un ou deux essieux, ou appuyé sur une bicyclette. Peut-être même employait-il un chien Saint-Bernard, qui, en tout cas, tirait un petit chariot ou une luge, suivant la saison, pour transporter son lourd matériel de photographe.
Eugène Cattin n’est pas que facteur et photographe. Parfait touche-à-tout, inventeur, curieux, inscrivant sur son carnet - malheureusement disparu, semble-t-il - les petits événements et anecdotes de la région. Il confectionnait des jouets de bois et des girouettes qu’il alignait devant sa maison, ainsi que des brouettes, sellettes, cabas, reliures, cartonnages… Il était, si l’on en croit Francis Kaufmann, également collectionneur de timbres-poste et éleveur de chiens. Parallèlement, il eut l’heureuse idée, en ces temps où la législation obligeait de couvrir les maisons en solide, d’établir un dépôt de tuiles. Il acquiert une certaine aisance matérielle. Les vêtements de son épouse sont cossus, les chapeaux remarquables ; le couple effectue quelques voyages : Rome, Lourdes, avec un détour par Biarritz. Signe d’opulence, il est le premier propriétaire d’une automobile aux Bois. Sa maison, à l’origine une petite ferme à pignon frontal, retournée côté gouttereau et pourvue de la fameuse inscription : « DÉPÔT de la TUILERIE de LAUFON », est agrandie par la suite, doublant la longueur du dépôt.
Eugène Cattin est engagé au niveau de la paroisse. Il fonde le groupe local de l’œuvre de Lourdes, photographie volontiers des églises lorsqu’il est en voyage et entretient de bons rapports avec les ecclésiastiques en compagnie desquels il pose volontiers pour la photo.
Historique de la conservation:Les travaux d’inventaire et de description de la collection ont été longuement étalés dans le temps. D’abord les Archives ont négocié l’autorisation du dépositaire pour confectionner un tirage des clichés sur papier. Une grande partie de la collection a été copiée en 1987 et 1988 par M. Jacques Bélat, photographe à Porrentruy; par la suite, Mme Sandra Hüsser, également photographe à Porrentruy, a complété le tirage en 2001 et 2002.
Par ailleurs, les Archives ont largement bénéficié du concours de M. et Mme Laurent et Anne-Marie Willemin-Frésard, des Bois, neveu par alliance d’Eugène Cattin. En 1997, les époux Willemin-Frésard ont communiqué aux Archives deux albums de photographies d’Eugène Cattin, conservés dans la famille; ces photographies sont annotées et classées dans l’ordre des numéros des maisons des Bois. Une photocopie de ces deux albums a été confectionnée pour faciliter les comparaisons des photographies; un inventaire en a été dressé et figure en annexe de l’inventaire du fonds.
En outre, les époux Willemin-Frésard ont recueilli et ont transmis aux Archives des renseignements donnés par leur tante, Mlle Joséphine Willemin, 1895-1992, belle-sœur d’Eugène Cattin. Par ailleurs, une partie de la collection a été passée en revue avec le concours de Maxime Jeanbourquin qui a pu identifier un certain nombre de lieux photographiés.
En 2001, Roger Monnat a été mandaté par l’Office du patrimoine historique pour poursuivre la description du fonds «Photographies anciennes par Eugène Cattin, Les Bois, fonds Roger Châtelain»; son travail s’est échelonné entre la mi-juillet et la mi-septembre. Au début de son mandat, l’inventaire embryonnaire comprenait 1042 numéros correspondant à la description sommaire d’autant de photographies.
En 2001, la «Société d’embellissement et de développement des Bois» a organisé la «première fête de la Gremôde». L’appellation est empruntée au surnom des habitants des Bois, les Gremaux. A cette occasion, l’Office du patrimoine historique a été sollicité pour monter une exposition de photographies d’Eugène Cattin: 263 photographies ont été photocopiées en couleurs et collées sur des panneaux illustrant les thèmes favoris fixés sur verre par le photographe des Bois.
L’exposition a connu un beau succès, puisque 300 à 400 personnes ont manifesté un grand plaisir à la visiter.
Par les nombreux contacts établis lors de cette exposition, des renseignements ont été glanés en masse auprès des visiteurs. Les indications ainsi récoltées ont été intégrées dans la description des documents.
Il faut mentionner enfin des informations réunies au gré de circonstances. Ainsi, Mme Clara Geiser, à La Ferrière, nous a précisé dans un échange de correspondance (1097/25, du 1er mars 2000) que l’éolienne des Fonges a été construite par son grand-père, Abraham Geiser et son fils Japhet, en 1908, et démolie par un ouragan en février 1909. La famille Geiser vendit alors la ferme des Fonges pour s’établir à Thoiry, dans le département de l’Ain, où Clara Geiser est née en 1914.
Dans le cadre des travaux d’occupation de personnes en fin de droit de chômage, l’inventaire et la description des pièces ont pu être poursuivis avec le concours de Mme Emmanuelle Moll et de M. Roger Monnat. Dans le souci de pouvoir aisément ressortir le cliché original pour un nouveau tirage, il a été procédé à un contrôle systématique de toutes les boîtes de négatifs pour en reporter les numéros sur la photocopie servant de document de base pour la description.
Modalités d'entrée:Le 25 juillet 1945, à Biaufond, Roger Châtelain, venu de Tramelan pour photographier une maison signalée dans l’ouvrage de Gustave Amweg «Les arts dans le Jura bernois et à Bienne», fait la connaissance d’Eugène Cattin. C’est l’heureuse rencontre entre un jeune homme plein d’une curiosité enthousiaste pour le patrimoine, et un presque octogénaire. Eugène Cattin lui propose de lui présenter sa collection. A la suite de ce premier contact, des tractations sont engagées en 1946 ; elles aboutissent en janvier 1947 : 309 clichés sont vendus à Roger Châtelain. Après le décès du photographe en mai de la même année, 332 clichés sont encore vendus à Roger Châtelain en août, puis le solde de la collection donné ou vendu. Dans les archives personnelles de Roger Châtelain, conservées aux Archives cantonales, un dossier réunit les documents relatifs au transfert de la collection (111 J 94).
De 1947 à 1984, les clichés restent en quelque sorte cachés par Roger Châtelain, à Tramelan, puis à Bienne, car il envisageait de les utiliser pour l’illustration d’un ouvrage consacré aux fermes jurassiennes.
A la faveur d’une rencontre fortuite de Roger Châtelain au secrétariat de la Société jurassienne d’Emulation, le 18 juin 1984, François Noirjean a appris qu’il destinait sa collection de documents photographiques à l’Office du patrimoine historique. Les clichés verre d’Eugène Cattin ont été déménagés de Bienne à l’Office du patrimoine historique, le 23 novembre 1984, par les soins de François Noirjean et de Bernard Prongué. Ces documents doivent constituer un fonds aux Archives cantonales que le dépositaire demande expressément de désigner par l’appellation : «Photographies anciennes par Eugène Cattin, Les Bois, fonds Roger Châtelain». Une convention de dépôt a été signée entre le dépositaire et l’Office, le 26 mars 1985.
Roger Châtelain décède le 30 septembre 1996. Un avis mortuaire est publié dans Le Quotidien jurassien le 4 octobre suivant, après la célébration du culte qui a eu lieu dans l’intimité de la famille. Sans information contradictoire liée à la succession de Roger Châtelain, le fonds pouvait être officiellement signalé dans la liste des dons reçus par les Archives : la première mention figure dans le rapport des Archives cantonales 1996, publié dans l’annuaire Jurassica No 10, p. 7.
Le 18 février 1998, Me Laurent Helg, notaire à Delémont, avec lequel l’archiviste avait pris contact par téléphone, a transmis à l’Office du patrimoine historique, un extrait du testament olographe de Roger Châtelain et une copie des conventions conclues par le défunt avec le Musée jurassien et l’Office ; Me Helg ajoutait cette remarque « Je m’étonne que le Secrétariat municipal de Delémont ne vous ait pas adressé les dispositions vous concernant. » Du contact pris par téléphone avec le Musée jurassien, le 19 février suivant, j’apprenais de Mme Sarah Stékoffer, conservatrice, que le Musée a reçu de la Municipalité de Delémont un extrait du testament, le 30 octobre 1996. Pour clarifier la situation, l’Office du patrimoine historique a demandé des explications à la Municipalité de Delémont, par courrier du 3 mars 1998. Après réception de la confirmation que la collection avait effectivement été léguée à l’Office, le travail d’inventaire a pu être entrepris de façon un peu systématique ; malheureusement, la numérotation de pièces amorcée sans avoir défini un ordre précis nous obligera par la suite à entreprendre un récolement général pour identifier les négatifs et relever les correspondances entre copies papier et négatifs.
 

Zone du contenu et de la structure

Contenu:Le fonds se compose:
- de 3095 plaques de verre, stockées en chambre froide;
- de leurs tirages sur papier;
- des boîtes d'origine (vides).
Ces deux derniers éléments sont tous stockés dans la pièce des fonds privés.

L’inventaire comporte 3095 photographies.
Les photographies datent en majorité du début du siècle, des années 1900 à 1910, ce qui n’a rien d’étonnant, le photographe ayant 34 ans en 1900. Les militaires mobilisés ont encore beaucoup recours à ses services, entre 1914 et 1918, puis, tout naturellement, il exerce avec une cadence moindre.
Eugène Cattin a photographié toutes les maisons de la commune des Bois, près de 450 photographies pour environ 250 maisons. Il a également photographié des localités proches, en particulier Le Noirmont. Parmi les lieux plus éloignés, Coeuve, lieu d’origine de sa première épouse, est représenté également dans le fonds. De nombreuses familles sont l’objet de prise de vues, outre celles qui posaient devant leur ferme, en tant que propriétaire ou locataire. D’autre part, Eugène Cattin campe de nombreux portraits individuels ou des groupes : fanfares, militaires, chorales, classes d’écoles, pompiers… Prenant de l’assurance, il n’hésite pas à mettre en scène, à rechercher des effets. Il immortalise certaines cérémonies, notamment les noces d’or du couple Jobin-Baume, l’enterrement du curé Gentit, l’inauguration de fontaines, des cérémonies religieuses comme la Fête-Dieu ou la Fête du Sacré-Cœur qui était célébrée avec fastes aux Bois. La construction de la fabrique Paul Huot est suivie de près par l’œil du photographe, de même que d’autres constructions ou d’intéressantes transformations.
Les appareils d’Eugène Cattin demandaient un temps de pause relativement long, c’est pourquoi il ne peut guère prendre sur le vif. Les personnes se figent devant l’appareil, avec plus ou moins de bonheur, et souvent endimanchées. Les costumes sont souvent très élégants, les chapeaux majestueux, les tailles minces, à très peu d’exceptions. Pourtant on y trouve aussi les habits de tous les jours, d’agriculteurs, d’éleveurs, d’artisans, de cheminots, par exemple. Certaines familles sont modestes, des regards sont fatigués, des visages burinés qui expriment une réelle grandeur.
Les problèmes techniques n’ont pas empêché des prises de vues de cortèges ou procession, de groupes au naturel, d’une course à pied. Il ne photographie que rarement à l’intérieur, et uniquement si la lumière libérée par la fenêtre est suffisamment dense. C’est ainsi que l’on voit des couturières autour d’une machine à coudre ou une petite malade dans son lit. Quelques scènes des champs, des attelages, des bicyclettes, quelques automobiles, des animaux : bovins, chiens, quelques chèvres ou porcs et beaucoup de chevaux, présentés ou non ; il y a de magnifiques étalons ou juments mais également de braves chevaux bien modestes.
Toutes les prises n’ont pas été identifiées, loin de là. Néanmoins, le fonds recèle avec objectivité une situation à un moment donné de notre histoire. Tels étaient les gens, telles étaient les activités, les fêtes, les maisons, tels étaient les loisirs, tels étaient les animaux et les objets, aux Bois et à ses alentours, ainsi que dans quelques autres villages, au début du XXe siècle.
Mode de classement:- Par thème et sous-thème quand cela a été possible.
- La cote reflète le format original des plaques de verre. Les suffixes sont utilisés pour les formats suivants:
137 J xxxx a: 9 x 12 cm
137 J xxxx b: 13 x 18 cm
137 J xxxx c: 18 x 24 cm
- Les plaques de verre ont été conditionnées en fonction de ces trois formats, puis dans l'ordre des cotes en 2014
- Les boîtes d’origine ont été conservées. Elles portent les étiquettes suivantes:
- - « Société anonyme des plaques et papiers photographiques A. Lumière et ses fils, Lyon-Monplaisir. Plaques au gélatino-bromure d’argent » ou
- - « Dresdner Imperial, D.P.W. – Trockenplatten für Moment- und Atelier-Aufnahem » ou encore
- - « Extra rapides. Société J. Jougla, Usines à vapeur Joinville-Le-Pont (Seine) »
- - « Plaques ultra-rapides au Gélatino-bromure d’argent. E. Grieshaber & Cie. Usine à Saint-Maur (Seine) ».
Certaines boîtes sont munies d’une étiquette supplémentaire énumérant les divers articles proposés par l’entreprise : plaques, pellicules, papiers et divers produits.
 

Zone des sources complémentaires

Copies (existence, lieu de conservation):Classeur 11 : Photocopies des photographies exposées aux Bois lors de la première Gremôde en 2001 ; notes et documents divers en rapport avec le fonds.
Bibliographie:NOIRJEAN, François. Eugène Cattin (1866-1947), facteur aux Bois et photographe. In: Jurassica. 2000. No 14, pp. 40-45
 

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